D’apparition tardive aux Antilles, le canapé n’entre dans les intérieurs créoles qu’au début canapé créoledu 19è et surtout sous Louis Philippe. Vers 1830, il cède le pas à la « méridienne », un canapé en bois à un seul accoudoir.

Caractérisé par sa robustesse, sa raideur et son style massif, le canapé arrive dans les maisons Antillaises discrètement. Il n’est pas en effet un élément essentiel du mobilier et sa démocratisation prendra du temps. Souvent riche en décoration, il symbolise parfaitement le style Empire de l’époque et se démarque par de nombreux modèles de pieds. Courts et trapus, ronds et en boule, effilés ou torsadés, chaque canapé présente sa particularité. Les dossiers sont également très différents mais souvent plus aériens que la base. Toujours constitués d’une seule pièce, ils présentent, au choix, des formes arrondies, découpées ou sculptées. Dotés d’accoudoirs parfois très originaux, ils s’affirment au fil des ans comme des pièces importantes dans l’habitat créole.

Des influences multiples
Grâce à l’influence des ébénistes Européens mais également locaux, les canapés se parent d’assises en osier ou en bois, parfois recouvertes de coussins et tissus. Sous l’Empire, les accoudoirs sont séparés du corps principal de la structure et offrent alors des formes de plus en plus recherchées. Les pieds sont réduits à quatre et soulignent le style global du meuble en s’harmonisant au niveau des formes et des courbes. D’inspiration Louis XV et Louis XVI, les canapés Antillais rivalisent d’élégance avant de prendre une nouvelle forme et de changer d’utilisation. En effet, en mêlant les courbes du canapé et de la « chaise longue » Louis XV, les ébénistes façonnent le canapé en bois  à un seul accoudoir, appelé méridienne. Utilisé comme lit de repos ou lit d’appoint, il invite à la sieste sur les galeries aérées des maisons. Le travail de dossier est particulièrement remarquable puisqu’il affiche souvent des sculptures en bas relief de motifs floraux, de feuillages ou de feuilles d’acanthe. Parfois, il possède de magnifique enroulements ou courbures. L’accotoir n’est pas en reste en matière de décoration grâce à son cannage singulier. Côté assise, le long siège du canapé ou de la méridienne accueille parfois un fin matelas et un coussin quand le meuble est destiné au repos. Dans un souci de confort, un cale-matelas peut aussi être installé en bout du canapé.

Des bois nobles
Le mahogany est l’un des bois précieux les plus utilisés dans la fabrication des canapés et méridiennes Créoles. Particulièrement robuste, d’un esthétisme parfait, il fait en effet le bonheur des ébénistes locaux. Mais l’acajou rouge est également très prisé car il permet des sculptures fines et soignées. Le courbaril, l’acajou blanc et le bois de rose entrent dans la fabrication de ces meubles, les ébénistes étant souvent spécialisés sur un bois spécifique. Car chaque essence possède ses caractéristiques propres et nécessite un savoir-faire précis. Équipé d’outils adaptés, les artisans s’emploient alors à affiner leur travail, à faire évoluer leurs créations, notamment en matière de décorations et d’ornements. Si au départ, ils cherchent surtout à reproduire des modèles existants (issus d’Europe ou d’Amérique), peu à peu, ces artisans de talent développent leur propre style. C’est ainsi que l’on voit apparaître en lieu et place des feuilles d’acanthe des fleurs d’hibiscus ou des palmes de cocotiers. Créolisé, le canapé traditionnel s’ancre davantage dans le mode de vie local. Au fil des ans, ce meuble continue d’évoluer et certains modèles présenteront plus tard des montants de pieds et de tête. Plus proches du lit proprement dit, ils seront utilisés comme lit d’appoint et, grâce à leur matelas plus épais, ils gagneront en confort.